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Gabriel H. : "J'étais devenu un bébé de 85 ans."

Humilié, oublié, exploité, Gabriel H. est passé brutalement, sous le "prétexte" de l'âge, d'homme de pouvoir à homme de peu...

"Mieux vaut mourir." Quand on prend le temps d'écouter les gens âgés, cette petite phrase, si souvent entendue, veut tout et rien dire. Appel au secours, peur totale de ce dernier passage, chantage aussi sur les vivants et sur les jeunes... Mais pour Gabriel H., cette petite phrase a revêtu tout son sens. "On a voulu se débarrasser de moi, ni plus, ni moins, en espérant que ma disparition en soit accélérée. Vieux et impotent, je gênais. Mort, ma maison, mes biens, tout serait enfin disponible". Ingénieur dans feu les mines stéphanoises. Gabriel H. n'est certes pas homme à se laisser commander. "Je n'étais pas non plus le patriarche omnipotent et abusif que mes enfants ont décrit au médecin pour me faire interner". "Interné" ; le mot choisi par Gabriel est impropre, mais révélateur.

Placé dans une maison médicalisée plutôt haut de gamme, cet homme de 85 ans allait néanmoins subir des atteintes à son intégrité. Une maison privée de la région lyonnaise, agréée par les autorités de tutelle, tenue de longue date par des médecins-psychiatres de père en fils... "Pour mes enfants, c'était une bonne action de bonne bourgeoisie à bonne bourgeoisie".

"J'étais diminué physiquement, mais pas intellectuellement. Du jour au lendemain, on m'a mis des couches pour ne pas déranger le personnel, la nuit en particulier. On s'est mis à me parler comme à un bébé, ou comme à un enfant. J'étais un vieux bébé de 85 ans. Quoi de plus sordide. Alors j'ai résisté, j'ai commencé à refuser d'obéir. On m'a alors privé de télévision, puis de dessert, toujours comme les gosses, puis un jour ce fut de repas. J'ai tenté de parler au médecin qui passait de temps en temps. Idem pour l'infirmière, mais ils n'étaient pas attachés à la maison, ils ne faisaient que passer. Quant à mes enfants, bien trop contents de m'avoir casé là, ils écoutaient sans problème la thèse rassurante que je délirais".

"Le chéri-papi de ces dames" Un jour, Gabriel H. est "tombé" sur l'angle du radiateur. Hématomes et brûlures. "C'est en fait un type qui venait juste d'être embauché - ça changeait sans arrêt -, il m'a poussé puis attaché au radiateur pour que je ne bouge pas avec mon fauteuil"."Ce jour terrible a au moins servi à quelque chose.

Une de mes nièces a enfin réagi, elle a déposé plainte auprès de la gendarmerie, mais j'ai peu d'espoirs que tout cela aboutisse. J'ai été placé sous tutelle pour me protéger, y compris sur le plan financier".

"Mes enfants ? Ils ont quand même eu peur, c'est pour cela qu'aujourd'hui je suis ici, dans ce nouveau centre. Ce n'est pas parfait, mais à côté du précédent, c'est presque le paradis. Je suis redevenu un être humain, et un adulte. Je peux lire, regarder les informations à la télévision. C'est moins tape-à-l'oeil que mon mouroir de luxe, mais ici, le personnel est gentil, à l'écoute. Comme il y a surtout des femmes, une petite m'a même surnommé le "Chéri-papi de ces dames" ! "

MARIETTE GRANDE


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